Toiture en chaume obligatoire dans un PNR : Le Conseil d'État fait prévaloir le patrimoine sur le droit de propriété.
Analyse de la décision du Conseil d'État du 13 juillet 2026 : un PLUi peut imposer l'usage de matériaux traditionnels coûteux pour préserver l'authenticité patrimoniale de bâtiments identifiés.
URBANISME
Tiphanie DOMINICI-MASSONI - Avocate au Barreau de Paris
7/21/20261 min read


🏡🌾 Où s'arrête la préservation du patrimoine et où commence le droit de propriété ?
Dans le Parc naturel régional de Brière, un PLUi impose aux propriétaires de certaines chaumières de conserver leur toiture traditionnelle en chaume.
Une association de propriétaires qui met en avant l'absence de norme technique encadrant ce matériau, l'absence de filière locale suffisante et un surcoût important pour l'entretien de ces toitures, conteste cette obligation devant la justice administrative.
Et pourtant...
Par une décision en date du 13 juillet 2026 (n° 507489), le Conseil d'État valide cette obligation.
Pourquoi ? Un PLU peut imposer un matériau déterminé, dès lors qu'il constitue le seul moyen de préserver le caractère patrimonial d'un bâtiment identifié.
En l'espèce, le chaume conditionne à lui seul l'authenticité de ces constructions. L'absence de norme technique, de filière structurée ou le coût de l'entretien ne suffisent pas à écarter cette obligation, dès lors qu'elle reste ciblée sur les seuls bâtiments concernés.
Ce que ça change concrètement : Un PLU peut geler durablement l'usage d'un matériau sur votre bien, sans qu'un simple argument de coût ou de complexité technique permette d'y échapper.
Ce qui compte, c'est de vérifier la nécessité réelle de la contrainte au regard de l'objectif patrimonial poursuivi.
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